

Assurance-vie : les 5 erreurs à éviter



Mis à jour le 28 juillet 2026
L'assurance-vie est l'enveloppe d'investissement préférée des Français. Pourtant, beaucoup d'épargnants ne savent pas ce que contiennent leurs contrats, ni quelles performances en attendre.
Résultat : des erreurs qui coûtent cher sur le long terme. Voici les 5 erreurs les plus courantes en assurance-vie, et comment les éviter.
Une précision d'emblée : l'assurance-vie n'est pas l'enveloppe parfaite pour tout le monde. L'objectif n'est pas de convaincre d'y souscrire, mais d'en comprendre les avantages comme les limites, pour éviter les erreurs qui coûtent des milliers d'euros.
Pourquoi l'assurance-vie est souvent mal utilisée ?
Parce que l'essentiel de l'épargne y dort sur le support le plus prudent : selon France Assureurs, 72 % des encours d'assurance-vie sont placés sur le fonds en euros.
Une assurance-vie propose pourtant deux types de supports. Le fonds en euros, un support « sécurisé » à capital garanti, avec effet cliquet : les intérêts acquis chaque année sont définitivement conservés.
Et les unités de compte : actions, ETF, obligations, immobilier. Pour revoir les bases de l'enveloppe, notre guide l'assurance-vie, comment ça marche les détaille une par une.
Erreur n°1 : faut-il tout placer en fonds en euros ?
Non, sauf à accepter le rendement d'un livret. Sur les 13 dernières années, les fonds en euros ont rapporté 2,10 % par an en moyenne. Cette performance ne tient pas encore compte des prélèvements sociaux ni de l'impôt sur le revenu. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
À titre de comparaison, le livret A a rapporté 1,20 % net par an sur la même période. Utiliser l'assurance-vie uniquement pour du fonds en euros, c'est donc transformer cette enveloppe puissante en deuxième livret A.
Dans les analyses de patrimoine menées chez Finary, cette erreur revient constamment : être trop prudent par méconnaissance. L'assurance-vie n'est pas faite pour remplacer votre livret A ou votre LDDS (livret de développement durable et solidaire).
Elle est faite pour vous donner accès aux marchés financiers avec un coup de pouce fiscal. C'est le rôle des unités de compte : historiquement, elles permettent de viser 5 à 10 % par an sur le long terme, à condition d'accepter la volatilité et un risque de perte en capital. Là encore, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
La tendance commence à changer. La part des unités de compte dans les nouveaux versements a plus que doublé en dix ans :
C'est une bonne nouvelle, mais il reste du chemin à parcourir. En clair : arrêtez d'utiliser l'assurance-vie comme un simple livret A amélioré.
Erreur n°2 : combien vous coûtent vraiment les frais ?
La plupart des contrats d'assurance-vie sont truffés de frais.
Les frais sur versements atteignent 3 % en moyenne chez les acteurs traditionnels, et peuvent aller jusqu'à 5 % légalement. Concrètement, vous versez 100 € et jusqu'à 5 € vous sont prélevés d'emblée.
S'y ajoutent les frais de gestion : 0,75 % par an sur le fonds en euros, 0,9 % sur les unités de compte. Payer des frais ne serait pas grave si la performance suivait. Or, selon l'étude SPIVA, la référence internationale sur la question de la gestion active ou passive, 90 % des gestionnaires sous-performent le marché.
Au total, les frais des contrats traditionnels s'élèvent en moyenne à 3,26 % par an. Cela n'a l'air de rien, mais l'effet cumulé est massif.

Ce n'est pas fini. Chaque unité de compte porte ses propres frais : entre 1,5 % et 3 % par an selon les supports. Les banques ont tout intérêt à y loger leurs fonds maison, sur lesquels elles prélèvent des commissions.
C'est facile de passer à côté : les brochures ne présentent que la performance nette de frais. Ajoutez les frais d'arbitrage, et comptez encore 0,2 % à 0,5 % supplémentaires.
Méfiez-vous des acteurs qui n'annoncent qu'une partie de leurs frais. Certains affichent « 0,8 % de frais » mais omettent les frais des fonds sous-jacents. Exigez la transparence totale.
Si vous avez déjà des contrats ouverts auprès d'acteurs opaques, le scanner de frais de l'application Finary s'appuie sur la première base de données en libre accès qui compile les frais d'assurance-vie. Entrez les informations de votre contrat : Finary vous indique automatiquement si vous payez trop.
Comment réduire les frais de son assurance-vie ?
En privilégiant un contrat en ligne moderne et transparent, et une gestion libre ou profilée plutôt qu'une gestion active coûteuse. Ce simple choix permet d'économiser des sommes considérables sur le long terme.
Finary Life, le contrat d'assurance-vie de Finary co-construit avec BlackRock et Generali, illustre cette nouvelle génération : 0 % de frais d'entrée, d'arbitrage et de versement, parmi les contrats les moins chers du marché pour de la gestion profilée.
En gestion profilée, vous choisissez votre style d'investisseur (prudent, audacieux, aventurier) et recevez une recommandation d'allocation qui combine fonds en euros et ETF Portfolio iShares de BlackRock, une exposition à plus de 8 000 actions et obligations dans le monde. Une gestion libre est également proposée pour ceux qui préfèrent choisir leurs supports.
Erreur n°3 : attendre pour ouvrir son contrat
Si vous vous dites « j'ouvrirai une assurance-vie quand j'aurai plus d'argent à investir », c'est une erreur. Le compteur fiscal commence à tourner dès l'ouverture.
À partir de la 8e année, vous bénéficiez d'avantages fiscaux considérables : un abattement annuel de 4 600 € sur les gains rachetés pour un célibataire, 9 200 € pour un couple.
Ouvrir un contrat uniquement pour lancer ce compte à rebours fiscal s'appelle prendre date. Vous pourrez toujours alimenter le contrat plus tard : les 8 ans comptent dès l'ouverture.
Et vous pouvez le faire dès aujourd'hui avec le montant minimum accepté. Sur Finary Life, par exemple, le contrat s'ouvre dès 300 €, ou 150 € avec des versements programmés.
Les versements programmés ne sont rien d'autre que le DCA (dollar cost averaging) : investir un montant fixe à intervalles réguliers, quelle que soit la météo des marchés.
Erreur n°4 : croire que l'argent est bloqué ou risqué
Deux idées reçues circulent sur l'assurance-vie. La première : l'épargne placée y serait bloquée. C'est faux.
Vos fonds sont disponibles à tout moment, par rachat partiel ou total. La seule différence : si vous retirez avant 8 ans, vous ne bénéficiez pas du coup de pouce fiscal et vos plus-values passent par la case PFU (prélèvement forfaitaire unique, dit flat tax), soit 30 %. C'est exactement comme le PEA (plan d'épargne en actions), où l'avantage se perd en cas de sortie avant 5 ans.
La deuxième idée reçue : l'assurance-vie serait risquée par définition, puisqu'elle dépend d'un assureur. En réalité, toutes les assurances-vie françaises sont garanties jusqu'à 70 000 € par assureur.
Si la faillite de l'assureur vous préoccupe, vous pouvez ouvrir plusieurs contrats, chacun garanti à hauteur de 70 000 € par assureur. Avec 500 000 €, mieux vaut donc répartir.
À ce niveau de patrimoine, il existe une autre option : le contrat luxembourgeois. Son fameux triangle de sécurité offre une garantie sur la totalité des fonds et un accès à des supports plus larges, comme le private equity. Ces contrats ne sont en général accessibles qu'à partir de 250 000 € investis : notre guide de l'assurance-vie luxembourgeoise détaille leur fonctionnement. Au-delà de 500 000 € d'actifs investissables, l'équipe Finary One en a fait sa spécialité.
Erreur n°5 : pourquoi ne pas négliger la transmission ?
Parce que c'est l'un des plus gros avantages de l'enveloppe, et qu'une clause mal rédigée l'annule entièrement. Quand vous ouvrez un contrat, vous désignez un ou plusieurs bénéficiaires, qui toucheront le capital au moment de votre décès.
Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire a droit à un abattement de 152 500 €. Concrètement, si vous laissez 200 000 € à votre enfant via l'assurance-vie, il ne paiera de droits que sur 47 500 €. Le taux applicable n'est que de 20 %, contre des droits de succession classiques qui peuvent monter jusqu'à 45 %.
Attention : pour les versements effectués après 70 ans, l'abattement passe à 30 500 €, à partager entre tous les bénéficiaires. Mais l'enveloppe reste utile passé cet âge : toutes les plus-values sont alors exonérées de droits de transmission.
Par exemple, vous versez 100 000 € à 71 ans. Dix ans plus tard, le contrat vaut 200 000 € : les 100 000 € de plus-value sont transmis sans aucun impôt. Notre article sur l'assurance-vie après 70 ans détaille ce régime.
Un rappel avant toute décision : aucun investissement ne doit être motivé uniquement par la fiscalité. Les avantages fiscaux sont un plus, la performance reste prioritaire.
Enfin, soignez votre clause bénéficiaire. Vous n'avez pas besoin de désigner votre conjoint ou partenaire de PACS : depuis 2007, le conjoint survivant est déjà exonéré de droits de succession. Utilisez plutôt l'assurance-vie pour optimiser la transmission vers vos enfants ou d'autres bénéficiaires.
Vous pouvez changer de bénéficiaire à tout moment. Pensez aussi à désigner plusieurs bénéficiaires en cascade : si votre unique bénéficiaire décède avant vous, le contrat repasse dans la succession classique et tous les avantages fiscaux sont perdus.
Questions fréquentes
Quelle performance attendre d'un fonds en euros ?
Les fonds en euros ont rapporté 2,10 % par an en moyenne sur les 13 dernières années, avant prélèvements sociaux et impôt sur le revenu. Le livret A a rapporté 1,20 % net par an sur la même période. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Peut-on retirer l'argent d'une assurance-vie avant 8 ans ?
Oui, les fonds restent disponibles à tout moment, par rachat partiel ou total. Avant 8 ans, les plus-values sont simplement imposées au prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) s'applique.
Que se passe-t-il si l'assureur fait faillite ?
Les contrats d'assurance-vie français sont garantis jusqu'à 70 000 € par assureur. Au-delà, il est possible de répartir son épargne sur plusieurs contrats, ou d'envisager un contrat luxembourgeois : son triangle de sécurité couvre la totalité des fonds.
Quel abattement pour transmettre une assurance-vie ?
Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €, puis d'une taxation à 20 %. Pour les versements après 70 ans, l'abattement passe à 30 500 € à partager, mais toutes les plus-values sont exonérées.
Quand ouvrir une assurance-vie ?
Le plus tôt possible : le compteur fiscal court dès l'ouverture du contrat, c'est ce qu'on appelle prendre date. Un versement minimum suffit, et le contrat peut être alimenté plus tard, une fois votre capacité d'épargne installée.
Sources
France Assureurs - L'assurance vie : chiffres clés et fonctionnement
Service-Public - Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ?
impots.gouv.fr - Bénéficiaire d'une assurance-vie : comment sont imposées les primes ?
FGAP - Fonds de garantie des assurances de personnes : questions fréquentes








