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Candice Lemoigne
Autrice économique @ Finary
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28/7/2026

Frais d'investissement : combien ils vous coûtent vraiment ?

Rédigé par
Candice Lemoigne
Édité par
Candice Lemoigne
Illustration 3D beige d'un empilement de plaques avec des jetons entre les couches, symbolisant le mille-feuille des frais.

Mis à jour le 28 juillet 2026

Les frais font gagner des fortunes à votre banquier, à votre conseiller et à de nombreux intermédiaires financiers. Pourtant, personne n'en parle.

Vous ne le croyez pas ? 3 % de frais par an, c'est près de 60 % de manque à gagner sur 30 ans. Cet article détaille les cas chiffrés et la méthode pour vous débarrasser de vos frais et maximiser votre patrimoine.

L'essentiel
  • Les frais se cumulent en trois couches : l'enveloppe (assurance-vie, PEA, PER), les supports (fonds, ETF) et la gestion, plus les frais de transaction.
  • 3 % de frais par an représentent près de 60 % de manque à gagner sur 30 ans : le mécanisme des intérêts composés joue contre vous.
  • Selon l'étude SPIVA, plus de 80 % des gérants actifs ne battent pas leur indice de référence au-delà de 5 ans, malgré des frais 10 fois supérieurs à ceux d'un ETF.
  • Sur 10 000 € investis pendant 30 ans, un contrat à 3 % de frais peut coûter plus de frais (57 000 €) qu'il n'accumule de capital (43 000 €).
  • Votre intermédiaire a l'obligation légale de vous communiquer tous ses frais, en vertu de la directive européenne MIF 2.

Pourquoi les frais sont l'ennemi n°1 de l'investisseur ?

Parce qu'ils sont partout, cumulés et composés : chaque investissement comporte des frais, qui rémunèrent les entreprises impliquées dans la transaction.

Que vous achetiez des actions sur votre PEA, un ETF via votre assurance-vie ou un fonds via votre plan d'épargne retraite, vous payez des frais. Ils se cachent à tous les niveaux et sous différents noms : commissions, frais de gestion, frais de dossier, spreads, rétrocessions. Disons-le clairement : les frais sont un mille-feuille indigeste.

Exprimés en pourcentage, ils paraissent insignifiants. Quelle importance, 2 % par an sur un fonds ou 1 % de gestion pilotée ? L'impact est pourtant considérable, pour trois raisons :

  • les différentes couches du mille-feuille font que vos frais se cumulent ;
  • le manque à gagner s'accélère avec le temps : ce sont les intérêts composés, mais en votre défaveur ;
  • ces frais sont généralement injustifiés et évitables.

Le sujet est suffisamment sérieux pour que l'AMF, le gendarme de la bourse française, publie régulièrement des études sur ces frais et leur impact sur l'épargne des particuliers.

« La performance va et vient, les frais sont toujours au rendez-vous. »
Warren Buffett

Quelles sont les trois couches de frais ?

Avant de plonger dans les détails, voici les trois couches du mille-feuille à connaître absolument, plus une quatrième transversale.

La couche enveloppe. Le contenant dans lequel vous logez vos supports : assurance-vie, PEA, compte-titres, PER, plan d'épargne entreprise. Elle porte des frais fixes et variables : frais sur versement, d'arbitrage, de tenue de compte, de sortie. Notre guide quelle enveloppe fiscale choisir les compare.

La couche supports. Les instruments logés dans l'enveloppe (fonds, ETF, SCPI) prélèvent des frais annuels exprimés via le TER (Total Expense Ratio, ou frais courants), directement déduits de la valeur de vos parts, donc peu visibles. Deux catégories :

  • Les fonds actifs : le gérant essaie de battre le marché, représenté par son indice de référence, et facture généralement 1,5 % à 3 % par an. Le problème : selon l'étude SPIVA, plus de 80 % des gérants actifs ne battent pas leur indice sur le long terme (plus de 5 ans). Vous payez 2 % pour faire moins bien qu'un ETF qui coûte 10 fois moins cher. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
  • Les fonds passifs, dont les ETF : leur seul objectif est de répliquer leur indice. Sans gestion active, ils coûtent généralement entre 0,1 % et 0,5 % par an.

Bon à savoir : les actions en direct ne portent pas de frais de support.

La couche gestion. Déléguer la gestion de son enveloppe à un professionnel (gestion pilotée ou sous mandat) a un coût supplémentaire.

Les frais de transaction. Chaque achat ou vente d'action, de fonds ou de crypto coûte des frais : plus vous multipliez les opérations, plus vous rognez votre performance. Attention aussi au prix d'exécution : payer 0 % de frais mais acheter 2 % au-dessus du prix des autres bourses revient au même.

Combien coûtent les frais sur 30 ans ?

Comparons deux assurances-vie, l'enveloppe préférée des Français avec environ 18 millions de titulaires, 54 millions de contrats et plus de 1 800 milliards d'euros placés (chiffres cités dans la vidéo source).

L'option 1 est un contrat classique de grande banque (exemple retenu : HSBC Stratégie Patrimoine Vie 2, frais constatés fin 2023, représentatif de la catégorie). L'option 2 est une assurance-vie en ligne 100 % ETF en gestion libre.

Couche de fraisContrat bancaire classiqueContrat en ligne 100 % ETF
Enveloppe0,75 % par an (+ 1,50 % sur chaque versement)0,6 % par an
Supports2 % en moyenne (fonds actifs)0,3 % en moyenne (ETF)
Gestion0,6 % (gestion déléguée)0 % (gestion libre)
Total annuelEnviron 3 %Environ 1 %

Frais constatés fin 2023 sur les documents des contrats. Total du contrat bancaire volontairement sous-estimé.

Partons de 10 000 € investis en une fois, avec une performance de 8 % par an, la moyenne historique des marchés actions. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avec le contrat à 3 %, vous terminez avec 43 000 € de capital. Pas mal ? C'est catastrophique : vous aurez payé 57 000 € de frais sur la période. Vous ne rêvez pas : plus de frais payés que de capital accumulé.

Impact des frais sur 30 ans : 43 000 € de capital final à 3 % de frais contre 76 123 € à 1 %.
Pour 10 000 € investis pendant 30 ans à 8 % par an avant frais, un contrat à 3 % de frais cumulés laisse 43 000 € de capital (et 57 000 € de frais payés), contre 76 123 € pour un contrat à 1 %. Exemple illustratif, hors fiscalité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avec le contrat en ligne à 1 %, à performance égale, vous terminez avec 76 123 €, en ayant tout de même payé 24 504 € de frais (24,35 % de la performance). Soit 76 % de capital en plus à l'arrivée.

Deux précisions. D'abord, beaucoup d'acteurs en ligne proposent des ETF mais facturent une gestion pilotée : coût global d'environ 1,6 %, soit deux fois plus cher qu'une gestion libre 100 % ETF. Ensuite, l'exemple vaut pour l'assurance-vie, mais la mécanique est identique sur un PEA, un PER ou un compte-titres.

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Comment réduire vos frais d'investissement ?

Voici 7 leviers, du plus simple au plus structurel.

1. Scannez votre patrimoine. Le scanner de frais de Finary détecte automatiquement les frais de vos contrats (connectés ou ajoutés via leurs codes ISIN, les identifiants uniques des fonds) et projette leur impact sur le long terme.

2. Apprenez à lire la performance. Méfiez-vous des performances exprimées en valeur absolue : la seule qui compte est la performance relative à l'indice de référence. Faire +7 % quand l'indice fait +9 %, c'est une sous-performance.

3. Arbitrez vos fonds actifs vers des ETF. À exposition équivalente, le TER passe souvent de 2 % à moins de 0,5 %. Pour débuter, voir notre guide comment investir en bourse.

4. Envisagez la gestion libre plutôt que la gestion pilotée. Déléguer a un coût qui pèse sur la performance. Un investissement programmé (DCA) dans une allocation diversifiée d'ETF permet d'économiser gros.

5. Transférez vos contrats chers vers un acteur en ligne. Attention : pour l'assurance-vie, le transfert sans perte d'antériorité fiscale n'est possible que chez le même assureur. Le PEA et le PER, eux, sont transférables d'un établissement à l'autre. Nos repères sur les frais d'assurance-vie aident à situer votre contrat.

6. N'ayez pas peur de fermer un mauvais contrat. L'ancienneté et l'avantage fiscal sont bien souvent annulés par la masse de frais.

7. Comprenez la rémunération de votre conseiller. La majorité des conseils sont rémunérés à la commission par le fournisseur du produit, pas par le client. Une étude de chercheurs de l'université de Regensburg compare les pays où le conseil travaille à l'honoraire et ceux, comme la France, où dominent les commissions : avec un écart de rendement d'environ 1,7 point, un ménage partant de 100 000 € et épargnant 1 200 € par an dispose au bout de 40 ans d'environ 84 % de patrimoine en plus dans les pays sans commissions.

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Questions fréquentes

Quels sont les principaux frais quand on investit ?

Trois couches se cumulent : les frais d'enveloppe (versement, arbitrage, tenue de compte, sortie), les frais de supports (le TER des fonds et ETF, prélevé sur la valeur des parts) et les frais de gestion pilotée. S'y ajoutent les frais de transaction à chaque achat ou vente.

Qu'est-ce que le TER d'un fonds ?

Le Total Expense Ratio, ou frais courants : les frais annuels d'un fonds ou d'un ETF, prélevés directement sur la valeur des parts, donc peu visibles. Comptez généralement 1,5 % à 3 % pour un fonds actif, contre 0,1 % à 0,5 % pour un ETF.

Pourquoi les ETF coûtent moins cher que les fonds actifs ?

Parce qu'ils se contentent de répliquer leur indice, sans équipe de gestion active à rémunérer. Selon l'étude SPIVA, plus de 80 % des gérants actifs ne battent pas leur indice au-delà de 5 ans. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Comment connaître les frais de son contrat ?

Ils figurent sur le site et les documents de votre contrat, et votre conseiller a l'obligation légale de vous les fournir, en vertu de la directive européenne MIF 2 sur les marchés d'instruments financiers. Exigez le détail complet : enveloppe, supports, gestion et transaction.

Peut-on transférer son assurance-vie pour payer moins de frais ?

Le transfert sans perte d'antériorité fiscale n'est possible qu'au sein du même assureur : changer d'acteur relève du parcours du combattant. Le PEA et le PER sont en revanche transférables d'un établissement à l'autre. Fermer un mauvais contrat trop cher reste parfois la meilleure option.

Sources

Université de Regensburg - étude sur l'impact des commissions sur le patrimoine des ménages
AMF - Comprendre et s'informer sur les frais des placements financiers
AMF - Placements financiers et MIF 2 : davantage de transparence et de protection des épargnants

Avertissements réglementaires : Communication à caractère promotionnel. L'investissement comporte un risque de perte en capital, partielle ou totale. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cet article a un caractère informatif et pédagogique ; il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente, ni un conseil fiscal. Avant tout investissement, consultez le Document d'Informations Clés (DIC) et, le cas échéant, un conseiller habilité. Finary SAS, Entreprise d'Investissement agréée par l'ACPR sous le n°19283, membre de l'AMAFI. Courtier en Assurance immatriculé à l'ORIAS sous le n°21001279, adhérent de la CNCGP (association agréée par l'AMF). Prestataire de Services sur Crypto-Actifs (PSCA) agréé par l'AMF sous le régime MiCA sous les références n°A2026-026 et n°N2026-008.

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Autrice économique @ Finary
Candice est autrice économique chez Finary, où elle relie grandes tendances économiques et finance personnelle.