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Florian Corteel
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30/6/2025

Crédit Lombard : tout savoir sur les actifs éligibles

Rédigé par
Florian Corteel
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Le crédit lombard permet, sous conditions et selon l'établissement, d'obtenir un financement adossé à un portefeuille de titres, sans céder ses actifs.

Cette réalité existe déjà pour les détenteurs d'un portefeuille de titres suffisant grâce au crédit lombard. Sous certaines conditions, le nantissement de cryptoactifs tels que Bitcoin et Ethereum au même titre que vos actions Total ou vos obligations d'État françaises.

Comprendre le crédit lombard et son fonctionnement

Un coffre-fort rempli de titres, d’obligations, d’actions ou d’assurance-vie représente souvent un simple réservoir de valeur. On l’ouvre généralement en cas de besoin urgent ou pour un projet important.

Le crédit lombard offre une autre option : mobiliser ce patrimoine sans le céder, en contrepartie d'un nantissement (l'effet de levier comporte un risque de perte amplifiée). C'est comme avoir accès à la puissance d'un moteur sans vider le réservoir.

Le principe est simple. Vous déposez vos actifs financiers auprès d’une banque ou d’un établissement spécialisé. En échange, vous obtenez une ligne de crédit dont le montant dépend de la nature, de la qualité et de la liquidité de vos actifs. Vous continuez à percevoir les revenus générés par vos placements tout en disposant de liquidités immédiates pour financer un projet, investir ailleurs ou saisir une opportunité.

Les actifs éligibles comme garantie pour un crédit lombard

actifs eligibles credit lombard

Actions et obligations, piliers traditionnels du nantissement

Dans le crédit lombard, actions et obligations sont des actifs fréquemment acceptés en garantie. Les banques, qu’elles soient suisses ou françaises, évaluent d’abord la liquidité et la stabilité de ces titres.

Les actions de grandes capitalisations, cotées sur Euronext ou le NYSE, sont particulièrement recherchées. Leur volume d’échange élevé permet une vente rapide sans perturber le marché.

Les obligations séduisent par leur prévisibilité. Par exemple, une obligation d’État allemande ou française offre une valorisation stable avec peu de volatilité.

Les banques appliquent des ratios de financement différents selon l’actif :

  • Une action du CAC 40 permet d’emprunter jusqu’à ~80 % de sa valeur.
  • Une obligation d’entreprise moins bien notée plafonne à 50 %.

Ces différences ne dépendent pas seulement du rendement. La volatilité, la profondeur du marché et la notation de l’émetteur jouent un rôle clé.

Les ETF, qui répliquent des indices entiers, gagnent en popularité grâce à leur diversification. Cependant, certains établissements restent prudents face aux ETF thématiques ou exotiques.

Assurance-vie et contrats de capitalisation, stabilité et fiscalité avantageuse

L’assurance-vie constitue un pilier du patrimoine français, appréciée pour sa stabilité. Un contrat multisupport bien géré offre une valorisation régulière et une fiscalité avantageuse.

Pour l’emprunteur, cela permet de mobiliser une épargne sans perdre les avantages fiscaux. Le contrat reste actif, la fiscalité reste attractive, et la liquidité est immédiate en cas de besoin.

Les contrats de capitalisation, souvent méconnus, apportent une flexibilité supplémentaire. Ils intéressent particulièrement les non-résidents ou ceux qui veulent optimiser la transmission de leur patrimoine.

Certaines institutions, comme Swiss Life, acceptent ces contrats en garantie, à condition qu’ils soient bien structurés et diversifiés. La transparence sur les sous-jacents et la capacité à valoriser rapidement le contrat en cas d’appel de marge sont indispensables.

Comptes-titres et PEA, flexibilité et avantages fiscaux

Le compte-titres ordinaire offre une grande liberté : actions, obligations, fonds, ETF, tout y est possible. Les banques apprécient cette flexibilité, mais surveillent la composition du portefeuille.

Les titres non cotés ou détenus au SRD sont souvent exclus, car jugés trop risqués ou illiquides.

Le PEA combine une fiscalité allégée avec la possibilité de nantir les titres sans affecter l’enveloppe. En revanche, les PEA-PME sont généralement exclus, la volatilité des petites capitalisations étant trop élevée.

Un point important concerne la gestion profilée. Certains contrats ou enveloppes gérés automatiquement sont exclus du nantissement. Les banques veulent pouvoir évaluer précisément la valeur des actifs, sans dépendre d’une gestion opaque.

Cryptomonnaies, une nouvelle classe d’actifs pour le crédit lombard

pièce crypto monnaie
Les cryptomonnaies sont de plus en plus reconnues comme des actifs éligibles aux crédits lombards.

Depuis mai 2025, la France légalise le nantissement des cryptomonnaies. Cette évolution transforme une expérimentation en une option crédible pour les investisseurs avertis.

Seules les cryptos les plus liquides et établies, comme Bitcoin, Ethereum ou Solana, sont acceptées. Les banques appliquent des ratios de financement prudents, autour de 60 % maximum.

La volatilité reste un facteur de vigilance majeur.

L’accès à ce type de crédit reste exigeant : il faut souvent un portefeuille crypto de plusieurs centaines de milliers d'euros.

Ce marché, encore réservé à une clientèle avertie, pourrait se démocratiser avec l’évolution de la réglementation.

Actifs alternatifs : private equity, SCPI et œuvres d’art

mur rouge avec des tableaux
Les œuvres d'art peuvent également faire l'objet d'un nantissement.

Certaines banques innovantes acceptent désormais des actifs autrefois exclus comme garantie.

Le private equity attire entrepreneurs et familles fortunées. Parts de fonds non cotés ou actions de start-up sont envisageables, mais avec des ratios de financement très prudents.

Les SCPI, sociétés civiles de placement immobilier, représentent une alternative intéressante. Leur valorisation périodique et leur gestion professionnelle rassurent, mais leur liquidité limitée impose des ratios modestes.

Enfin, les œuvres d’art constituent une garantie sophistiquée. Quelques banques privées, comme Société Générale Private Banking, acceptent de nantir tableaux ou sculptures.

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Critères d’acceptation des actifs par les banques

Liquidité et volatilité : des facteurs essentiels pour l’évaluation

La liquidité joue un rôle crucial dans l’octroi d’un crédit lombard. Les banques évaluent non seulement la valeur d’un actif, mais aussi sa capacité à se transformer rapidement en liquidités, sans perturber le marché.

Par exemple, un portefeuille d’actions du CAC 40 ou des obligations d’État françaises se vend facilement, même en période de turbulence. En revanche, des actions de PME cotées sur Euronext Growth ou des parts de SCPI peuvent prendre des semaines, voire des mois, à être cédées, avec un prix final incertain.

La volatilité sert de filtre de sécurité. Les banques étudient l’historique des variations de prix pour anticiper les fluctuations qui pourraient affecter la valeur de la garantie. Un ETF sur le S&P 500 inspire confiance, car il subit moins de variations extrêmes qu’une sélection de cryptomonnaies exotiques.

Plus un actif est volatil, plus le ratio de financement (LTV) devient prudent. L’objectif de la banque est de pouvoir liquider la garantie sans subir de pertes.

Dans les comités de crédit, ces critères s’appuient sur des modèles internes souvent confidentiels. Par exemple, Certains établissements imposent un ratio de couverture élevé sur les portefeuilles (à vérifier auprès de chaque banque).

Notation et qualité des actifs : les attentes des banques

L’analyse des actifs dépasse la simple catégorie “action” ou “obligation”. Les banques privées s’appuient sur des notations externes (Moody’s, S&P, Fitch) ainsi que sur leurs propres évaluations.

Par exemple, une obligation d’État notée AAA n’a pas le même poids qu’une obligation d’entreprise notée BBB-, même si le rendement diffère.

La diversification du portefeuille joue un rôle déterminant. Un ensemble d’actions réparties sur plusieurs secteurs et zones géographiques rassure davantage qu’un portefeuille concentré, même valorisé plus haut.

Certaines banques accordent des bonus de ratio LTV pour les portefeuilles bien diversifiés, car ils réduisent le risque de chute brutale.

Les actifs “premium” bénéficient de conditions plus favorables. Il s’agit notamment de :

  • Grandes capitalisations
  • Obligations souveraines
  • Fonds labellisés

À l’inverse, les titres non cotés, produits structurés complexes ou cryptomonnaies récentes subissent une analyse rigoureuse et sont souvent exclus.

La qualité ne se limite pas à la performance passée. Elle englobe aussi la transparence, la gouvernance, la régularité des revenus et la solidité du marché sous-jacent.

Restrictions et exclusions : les actifs non éligibles

Le crédit lombard n’accepte pas tous les actifs. Certaines catégories restent systématiquement exclues, quelle que soit leur valeur.

Parmi ces exclusions figurent :

  • Titres détenus au SRD, jugés trop spéculatifs et imprévisibles
  • PEA-PME, rarement retenus en raison de la forte volatilité des petites capitalisations
  • Contrats d’assurance-vie en gestion profilée
  • Titres non cotés sans valorisation indépendante
  • Parts de fonds exotiques

Même les œuvres d’art, parfois acceptées par des banques privées spécialisées, font l’objet d’une évaluation rigoureuse. Cette évaluation porte sur :

  • Expertise indépendante
  • Assurance
  • Historique de provenance

Leur faible liquidité et la subjectivité de leur valeur limitent leur usage dans la pratique.

Les cryptomonnaies, désormais éligibles en France, ne sont pas acceptées sans conditions. Seuls les actifs numériques les plus liquides et reconnus sont considérés, avec des ratios de financement prudents.

Les altcoins moins connus et les NFT restent exclus.

Chaque banque ajuste ses critères d’acceptation et sa liste d’exclusions selon son appétit pour le risque, son expertise et le profil de sa clientèle. Ce qui est accepté chez l’une peut être refusé chez l’autre. Ces critères évoluent avec les innovations financières et les fluctuations du marché.

Optimiser la mise en garantie de ses actifs

Diversifier les garanties pour réduire les risques

Miser sur un seul type d’actif peut sembler simple, surtout quand on connaît bien son portefeuille. Pourtant, la diversification des garanties peut réduire l'exposition aux fluctuations sectorielles.

Par exemple, un investisseur qui ne nantit que des actions technologiques s’expose à une correction sectorielle. Cela peut provoquer une chute rapide de la valeur de sa garantie et un appel de marge immédiat.

En répartissant ses garanties entre actions, obligations, assurance-vie et SCPI, on limite ces chocs. Les banques valorisent cette approche. Un portefeuille diversifié permet souvent d’obtenir un ratio de financement plus élevé, car le risque global diminue.

Cette approche peut, selon les cas, optimiser le montant empruntable, sans garantie de résultat.

Calculer les ratios prêt-valeur (LTV) pour maximiser le financement

Le ratio prêt-valeur (LTV) détermine la puissance d’un crédit lombard. Les investisseurs expérimentés ne se contentent pas du ratio proposé par la banque. Le ratio peut faire l'objet d'une discussion avec l'établissement, en fonction de la composition du portefeuille.

Un portefeuille majoritairement composé d’obligations d’État et d’actions de grandes capitalisations bénéficie d’un LTV plus élevé qu’un panier d’ETF émergents ou de cryptomonnaies.

Les banques appliquent des coefficients de sécurité différents selon les actifs :

  • Obligations AAA : 80 %
  • Actions blue chips : 60 %
  • Fonds diversifiés : 50 %
  • Actifs alternatifs : parfois moins de 30 %

Certains emprunteurs ajustent la composition de leur portefeuille en amont de la demande, en tenant compte de leur situation personnelle et fiscale.

Cette préparation peut influer sur les conditions proposées.

Type d’actifRatio LTV typiquePoints de vigilance
Obligations d’État AAA70-80 %Sensibilité aux taux d’intérêt
Actions grandes capitalisations60-70 %Volatilité, risque sectoriel
Fonds/OPCVM diversifiés50-60 %Diversification réelle du fonds
SCPI30-50 %Liquidité limitée, valorisation
Cryptomonnaies30-60 %Volatilité extrême, seuils élevés

Mettre en place des stratégies de couverture pour limiter les appels de marge

L’appel de marge constitue un risque majeur du crédit lombard. Un jour, la banque peut demander un complément de garantie si la valeur des actifs chute.

Pour anticiper ce risque, certains emprunteurs utilisent des instruments de couverture, qui présentent eux-mêmes des risqués spécifiques. Ils utilisent des stops automatiques sur leurs portefeuilles ou des options de couverture, comme des puts sur actions ou des swaps de taux sur obligations, pour protéger la valeur de leurs garanties.

Il est courant de négocier avec la banque des seuils d’alerte personnalisés ou des marges de sécurité supplémentaires, même si cela immobilise plus d’actifs.

L’essentiel consiste à anticiper les scénarios de stress, simuler des baisses de marché et prévoir des liquidités rapidement mobilisables.

Les plus avancés utilisent des outils de stress-test patrimonial. Ces outils intègrent la corrélation entre actifs pour visualiser l’effet domino d’une crise. Cette gestion active du risque dépasse la simple prudence.

Utiliser des outils de monitoring en temps réel pour suivre la valeur des garanties

Aujourd’hui, piloter un crédit lombard sans visibilité est inefficace.

Certains ajoutent des alertes personnalisées, des tableaux de bord dynamiques et intègrent leurs flux bancaires et boursiers.

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L'application Finary permet de suivre en temps réel l'ensemble de son patrimoine

Cette transparence facilite l’ajustement des garanties à tout moment. Elle permet d’arbitrer entre actifs ou de réinjecter des liquidités avant un appel de marge.

Les plus technophiles automatisent certaines actions, comme le transfert d’actifs, la vente partielle ou la couverture via des ordres conditionnels.

Ce suivi en temps réel transforme le crédit lombard en un outil de gestion patrimoniale agile, loin de l’image figée du prêt adossé à un portefeuille statique.

La technologie devient un prolongement naturel de la stratégie patrimoniale, au service de la performance et de la sérénité.

L'avenir du crédit lombard : vers une personnalisation accrue des garanties

Le paysage des actifs garantie crédit lombard évolue rapidement, passant des valeurs mobilières traditionnelles aux cryptomonnaies. Cela offre aux investisseurs une palette de solutions de financement sans précédent.

Cette diversification élargit le champ des actifs susceptibles d'être nantis. La compréhension des mécanismes de suivi et de couverture demeure essentielle compte tenu des risqués associés (appel de marge, liquidation forcée, perte en capital).

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Florian Corteel
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Florian édite du contenu sur les thèmes de la finance, la bourse, les cryptomonnaies et l'immobilier. En tant que passionné de fintech, on le retrouve également en tant qu'auteur invité dans diverses études sectorielles et articles spécialisés.

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